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Discours de François Deligné

Discours de François Deligné lors de la cérémonie du 11 novembre

Mesdames et Messieurs les Élu(e)s,

Messieurs les Présidents d’Associations d’Anciens Combattants,

Mesdames et Messieurs, Chers Amis,

 

Il y a 95 ans, le fracas des armes laissait place aux clameurs de la victoire, avant de le céder au silence du deuil.

Après quatre années de fureur, dans la boue des tranchées, sous les obus et les gaz, la signature de l’armistice rendait, les soldats, les poilus, à leurs familles, à leur métier, à leurs études. Trois millions d’entre eux portaient dans leur chair, leurs visages anéantis et leur corps meurtris, les stigmates du conflit le plus meurtrier que le monde ai jamais connu.

Près d’un million et demi manquaient à l’appel.

Je pense à cet instant à Henri Barbusse dans son récit « Le Feu », qui décrit avec forces, les horreurs vécues dans les tranchées, lui-même en deuxième ligne et donc témoin de cette hécatombe.

Notre dignité nous impose de leur offrir cette victoire qu’ils n’ont pas eue.

L’Histoire ne retient que quelques noms de ces héros de l’ombre mais leur souvenir relève d’un devoir impérieux. « C’est la mémoire qui fait toute la profondeur de l’Homme » disait Charles Péguy.

La cérémonie solennelle qui nous réunit ce jour célèbre la victoire des alliés et de la France, elle nous permet de rendre hommage à tous ces combattants qui se sont sacrifiés pour notre communauté. Il reste important de pouvoir nous souvenir.

Nous souvenir, malgré le fait qu’il ne reste plus de survivants du front en devient un devoir.

Nous souvenir que tous ceux qui vécurent cette période et qui revinrent des combats étaient à jamais changés, à jamais marqués, à jamais brisés.

Nous souvenir de leurs témoignages.

La préparation du 100ème anniversaire du déclenchement de la Première Guerre Mondiale l’an prochain nous permet de rendre possible ce dessein. A Guyancourt, nous préparons une grande exposition pour l’automne 2014.

Elle sera l’occasion pour nous de découvrir les témoignages des guyancourtois ayant connu ce conflit, ceux dont nous venons de rappeler les noms et qui y sont restés mais aussi ceux qui en sont revenus.  Nous aurons à notre disposition  les éléments nous autorisant à les dire et donc à les transmettre.

La mémoire nous rend responsable de l’avenir. Elle nous rend responsable de nos aînés désormais absents, elle nous rend responsable de l’avenir afin de conduire nos générations et celles qui nous suivent à construire une société plus juste.

Le 23 octobre dernier, les élus du Conseil municipal des Enfants guyancourtois accompagné de leurs parents, des présidents des anciens combattants et des élus de la ville ont eu l’honneur de participer à la cérémonie du ravivage de la flamme sur la tombe du soldat inconnu à Paris – Ils ont ainsi pu mesurer la dimension humaine que revêt le souvenir de ceux qui se sont sacrifiés afin qu’ils puissent grandir et vivre dans un pays en paix.

Bien que victorieuse, la France est sortie meurtrie et ruinée de ce conflit. L’Histoire retiendra le nom sans équivoque car sinistrement tragique de « gueules cassées ».

Non, ils ne voulaient pas de cette guerre nos poilus, ils aspiraient à vivre un nouveau siècle qui débutait avec de nouvelles avancées technologiques dont ils voulaient profiter. Ils voulaient une famille et souhaitaient profiter d’un monde qui avançait vers plus d’égalité… Oui, ils avaient entendu Jean Jaurès, leur parlant de l’émancipation des peuples, de la liberté de penser, d’agir en citoyen éclairé, de la paix possible si les peuples le décidaient.

Ce sont les espoirs d’un peuple entier qui se sont éteints un 31 juillet 1914, lorsque Jaurès fut assassiné à Paris, précipitant ainsi l'affrontement inéluctable avec l'Empire allemand. Un affrontement qui allait s’enliser dans l’horreur.

La guerre n’est rien d'autre que le rejet de son voisin, que la haine d’un peuple face à un autre. Alors que nous traversons des périodes où nous pouvons regretter qu’individualisme et incivisme trouvent parfois des expressions violentes, rappelons cela et faisons en sorte que les consciences humaines ne puissent jamais oublier.

Permettez-moi d'emprunter le propos du Maréchal Foch :

« Parce qu’un homme sans mémoire est un homme sans vie, un peuple sans mémoire est un peuple sans avenir »

Nous accompagnons l’espoir que le sursaut démocratique ne se perde jamais et

-       Que la République permette le recul du racisme et du nationalisme,

-       Que la République brise les mécanismes insidieux d’exclusion et de discrimination.

-       Que la République renouvelle avec bonheur ses valeurs de liberté, d’égalité et de fraternité.

Je vous remercie

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