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Discours de François Deligné

Discours de François Deligné à l'occasion de la cérémonie du 8 mai 2013

Mesdames et Messieurs les élus,

Monsieur le Bürgermeister de Pegnitz,

Mesdames et Messieurs les représentants de la sécurité publique

et de la sécurité civile,

Mesdames et Messieurs les représentants d’établissements scolaires,

et d’associations,

Mesdames et Messieurs les Anciens combattants,

Mesdames, Messieurs, Chers Amis,

Nous commémorons à nouveau, ensemble, la capitulation sans condition du Troisième Reich, qui a mis fin le 8 mai 1945 à l’une des plus effroyables périodes de notre Histoire.

Six longues années qui, de 1939 à 1945, meurtrirent profondément tant de peuples et tant de familles, en France, en Europe et dans le monde.

 

Personne ne doit jamais oublier les souffrances endurées par les femmes et les hommes qui ont traversé ces terribles années. Les 45 millions de victimes civiles et militaires doivent rester présentes à notre mémoire.

Au cœur de notre continent, là où avait émergé l'Humanisme et les idéaux de Liberté, notre civilisation était défigurée par l'horreur des camps de concentration et d'extermination. Le Nazisme mettait en œuvre son idéologie : détruire toute dignité humaine et amener à la mort de manière industrielle des millions de personnes… des personnes qui avaient le tort selon eux d'être juifs, tziganes, homosexuels, opposants politiques de toute sensibilité, ou encore handicapés.

Pourtant au milieu de la haine et de la désespérance, des femmes et des hommes se sont levés et ont résisté, avec courage, avec abnégation. Nombre d'entre eux sont morts pour que reste vivant l'idéal de Liberté, d'Égalité et de Fraternité.

Ils ont résisté chez nous en France, mais aussi dans tous les pays d'Europe. Notre reconnaissance à leur égard sera éternelle pour la liberté retrouvée mais aussi pour avoir sauvé l'honneur dans des sociétés où le silence honteux ou la collaboration l'avaient d'abord emportés.

Je voudrais ici évoquer la mémoire de Stéphane Hessel, qui nous a quitté ce 27 février 2013. Il est comme un symbole de ce qui nous rassemble aujourd'hui ; né Allemand à Berlin en 1917, naturalisé Français en 1937, résistant, déporté. Jeune diplomate, il fut l'un de ceux qui secondèrent les rédacteurs de la Déclaration universelle des droits de l'Homme. Il sut mieux que beaucoup d'autres nous rappeler avec la force de son grand âge qu'il ne fallait jamais se résigner dans l'indifférence à l'injustice, aux discriminations et à la haine.

L'Europe s'est peu à peu relevée de ses ruines. Ses citoyens et les gouvernements qui ont dirigé les nations de notre continent ont produit des efforts immenses pour nous faire bénéficier d'une société plus juste, qui rompe avec les erreurs du passé.

La reconstruction s'est doublée de la réconciliation. Entre l'Allemagne et la France notamment. Des milliers de communes de nos deux pays se sont jumelées, pour tisser des liens indéfectibles, et, pierre après pierre, construire la Paix et l'Amitié.

C'est ainsi que s'est développée la relation forte entre Pegnitz et Guyancourt. Je suis particulièrement ému de la présence à nos côtés de Uwe RAAB, Bürgermeister/Maire de Pegnitz.

Cher Uwe, je t'avais proposé, voici quelques semaines, de te joindre à nous pour cette cérémonie si importante… et ton acceptation m'a touché.

Tu m'as indiqué d'ailleurs avoir participé cet automne à Slany, ville tchèque jumelée à Pegnitz, à une telle cérémonie.

Je me permet de te citer : « Ces instants me remplissent d’un côté de sentiments de modestie, d’humilité, de tristesse et de pudeur, et de l’autre de bonheur à travers le développement de l’Europe dans la paix la liberté et de l’amitié, dont ma génération peut profiter. »

Demain, justement, le 9 mai, ce sera la journée de l'Europe. Nos amis de Pegnitz viendront nous rejoindre et seront accueillis par le comité de Jumelage. C'est un beau symbole.

Je sais que nous portons ensemble ce devoir de mémoire, en ayant toujours au cœur l'espoir dans l'avenir…

Année après année, nous devons continuer à transmettre cet esprit. Je veux ici saluer le travail des Anciens Combattants qui, avec leurs associations, accomplissent ce travail sans relâche.

Nous vous devons beaucoup.

La responsabilité qui nous incombe ne se limite pas au témoignage et au souvenir. Elle nous engage à inscrire dans le temps un message de Paix. Elle nous engage à agir constamment pour que soient respectés les principes universels édictés après la guerre.

Les années qui viennent s'annoncent comme déterminantes pour l'avenir de notre pays, de notre continent et au-delà. Le monde est en ébullition, la crise économique frappe durement nos sociétés. Ici et là on voit ressurgir parfois avec force les nationalismes et les xénophobies que nous pensions appartenir au passé. Restons vigilants, et, sans cesse, portons haut les valeurs républicaines et démocratiques que nos aînés nous ont léguées.

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