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Discours de François Deligné

Discours de François Deligné à l'occasion de la cérémonie du 8 mai 2012

Mesdames et Messieurs les élus,

Mesdames et Messieurs les représentants de la sécurité publique et de la sécurité civile,
Mesdames et Messieurs les représentants d’établissements scolaires, et d’associations,
Mesdames et Messieurs les Anciens combattants,

Mademoiselle la Maire Enfant,

Mesdames, Messieurs, Chers Amis,

Nous sommes réunis aujourd’hui pour commémorer, ensemble, la capitulation de l'Allemagne nazie, qui a mis fin le 8 mai 1945 à l’une des plus effroyables périodes de notre Histoire.
Nous sommes ici pour nous souvenir des six longues années d’une guerre qui, de 1939 à 1945, a meurtrie tant de peuples et tant de familles, en France, en Europe, dans le monde.

 

Je voudrais devant vous rappeler les souffrances endurées par les femmes et les hommes qui ont traversé ces terribles années, rappeler les 45 millions de victimes civiles et militaires.
Rappeler l'horreur des camps de concentration et d'extermination, pensés et organisés par les Nazis qui s'étaient assignés comme mission de détruire toute dignité humaine et d'amener à la mort de manière industrielle des millions de personnes… des personnes qui avaient le tort selon eux d'être juifs, tziganes, homosexuels, opposants politiques de toute sensibilité, ou encore handicapés.

Notre mémoire doit retenir le courage de tous ceux qui résistèrent en Allemagne, en Italie, dans tous les pays d'Europe meurtris par l'occupation fasciste et nazie. Nous leur devons une reconnaissance éternelle pour la liberté retrouvée et aussi pour avoir sauvé l'honneur dans des sociétés où le silence honteux et la collaboration l'avaient d'abord emporté.

En cette année 2012, deux de ces éminents Résistants nous ont quittés.

Je pense à Raymond Aubrac, compagnon de Jean Moulin, membre du Conseil National de la Résistance et Commissaire de la République aux côtés du Général De Gaulle. Tous connaissent son histoire et celle de son épouse – Lucie – portée sur les écrans. Beaucoup ont pu dans notre pays constater qu'il conservait dans son grand âge une foi intacte dans la Liberté, l’Égalité et la Fraternité, ses valeurs républicaines pour lesquelles il s'était battues. Valeurs pour lesquelles il visitait les lycées et collèges de France afin de porter aux jeunes générations le message de la Résistance française.

Plus proche de nous, nous déplorons aussi la disparition de Lise London, grande résistante, grande militante, victime successive de la barbarie nazie puis de la folie totalitaire stalinienne. La Ville de Guyancourt avait baptisé du nom de Lise et Artur London une de ses écoles élémentaires et cette infatigable combattante de la Liberté était venue témoigner en avril 2005 devant les élèves guyancourtois.

Lise London, Raymond Aubrac, et beaucoup d'autres, continuaient le combat de la Résistance à leur manière, en transmettant son message. Car, en 1944 et 1945, il ne ne s'agissait seulement de libérer le territoire, mais, sur les ruines de la guerre, de jeter les bases d'une République plus solide et plus solidaire. Le Conseil National de la Résistance a adopté un programme ambitieux qui fut réalisé peu à peu pour aboutir au modèle social et civique de notre pays.

Il s'agissait d'assurer des principes essentiels :

•la démocratie la plus large possible ;
•la pleine liberté de pensée, de conscience et d’expression.

Des mesures économiques et sociales fondatrices marquaient également leur projet : la sécurité sociale le droit à la retraite par exemple.

Grâce à ces principes, grâce à ces grandes réformes, la République s'est relevée et a affronté depuis les multiples défis qu'il lui fallait régulièrement dépasser, sans sombrer à nouveau dans la honte et la guerre civile.
Gardons cela à l'esprit : partout où la République cède du terrain sur ses valeurs, l'égoïsme et le communautarisme progressent et prétendent la remplacer.

Ce 8 mai 1945 porte en lui une signification universelle. Alors que l'Humanité elle-même était meurtrie par les crimes du fascisme, c'est de toute l'Humanité qu'ont surgi les forces pour la rétablir. Ils sont venus de partout pour nous libérer et vaincre le nazisme : soldats américains, britanniques, canadiens, australiens, mais aussi les soldats originaires d'Afrique noire et du Maghreb, ils se sont battus et sont venus mourir chez nous pour notre liberté et pour restaurer une certaine idée de la dignité humaine.

De la victoire des alliés va émerger ainsi l'affirmation universelle qui avait déjà été l'intuition de la Révolution française. La Charte de l’Organisation des Nations Unies est adoptée le 26 juin 1945 et proclame une foi mondiale « dans les droits fondamentaux de l'homme, dans la dignité et la valeur de la personne humaine, dans l'égalité de droits des hommes et des femmes […]. ».

Année après année, nous devons continuer à transmettre cet esprit. Je veux ici saluer le travail de ceux qui accomplissent ce geste sans relâche. Ils se reconnaîtront. Nous leur devons beaucoup. Pour moi, réunir à la fois les représentants des Anciens Combattants et Marion Duval, notre maire enfant qui représente le conseil municipal des enfants, est un acte qui participe de cette démarche ; c’est également un symbole fort qui transcende les générations et les unit pour partager ce devoir de mémoire.

La responsabilité qui nous incombe ne se limite pas au témoignage et au souvenir. Elle nous engage à inscrire dans le temps un message de paix. Elle nous engage à maintenir notre vigilance et à agir constamment dans le respect de ces principes.

Les années qui viennent s'annoncent comme déterminantes pour l'avenir de notre pays, de notre continent et au-delà.
Dans un monde en ébullition, nous devons sans cesse porter haut les valeurs républicaines et démocratiques que nos aînés nous ont léguées.

Vive la République,

Vive la France,

François Deligné


 

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