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Discours de François Deligné

Cérémonie du 11 Novembre - 11 novembre 2010

Cérémonie du 11 Novembre - Discours de François Deligné - 11 Novembre 2010

 

 

Madame la Ministre,
Mesdames, Messieurs les élus,
Mesdames et Messieurs les représentants d’associations d’Anciens combattants,
Mesdames, Messieurs les représentants des forces armées, de la sécurité publique et de la sécurité civile,
Mesdames, Messieurs les représentants des établissements scolaires,
Mesdames, Mesdemoiselles, Messieurs,

Le 11ème jour du mois de novembre 1918 – à la 11ème heure – s’achevait la première guerre mondiale d’un XXème siècle particulièrement tragique dans l’histoire de l’humanité.

La commémoration de cette date de notre histoire nationale nous rassemble aujourd’hui.

Comme chaque année, nous nous souvenons de l’Armistice signée à Rethondes, et nous voulons d'autant plus entretenir la flamme qu'il n'existe plus de témoins ni d'acteurs directs de ce conflit.

Il faut rendre un hommage – juste et nécessaire – à tous les combattants de toutes origines et de tous grades, qui ont loyalement répondu à la mobilisation des quatre coins de France ou de ce qui fut l’empire colonial. Ils doivent tous être intégrés pleinement à notre mémoire nationale.

La présence aux côtés des associations d’anciens combattants, aujourd’hui, de nos jeunes collégiens et de la Maire enfant – Marion Duval – nous assure de la préservation de ce devoir de mémoire. Qu’ils en soient remerciés au nom de toutes les victimes civiles et militaires.

Rappelons-nous encore et toujours que le premier conflit mondial était d'autant plus absurde, les millions de victimes qu'il causa d'autant plus cruels, qu'il n'était pas inéluctable.

De part et d'autre, dans ce qui fut les deux camps, des gouvernements et des industriels choisirent délibérément de danser sur le volcan, de préparer la catastrophe.

L'assassinat de l'héritier d'Autriche-Hongrie à Sarajevo n'a été qu'un prétexte parmi d'autres pour entamer les hostilités dans ce contexte de conflit économique.

Les peuples européens ont été happés dans un engrenage qui servait avant tout les intérêts d'une petite oligarchie. Le nationalisme a été patiemment inculqué à chacun des peuples pour qu'ils se dressent les uns contre les autres.

En Allemagne, en Grande-Bretagne, comme en France, on a appris aux peuples à mépriser l'autre, à se croire supérieurs, tout ce qui fait que le nationalisme est la haine de l'autre alors que le patriotisme peut être l'amour de son pays.

Pourtant malgré cette culture du nationalisme, il est inexact de répéter que tous partirent la « fleur au fusil ». Sur le carreau des mines, dans les ateliers des usines ou dans les campagnes, les scènes de liesse décrites dans les livres d'histoire n'ont pas été si fréquentes. C'est souvent bien encadrés par la troupe que paysans et ouvriers furent incorporés avant de monter au front.

Dans les tranchées, ils allaient connaître 4 années d'horreur sans nom, le froid, la faim, la maladie, la puanteur, la vermine, la mort surgissant partout. Je voudrais appuyer mon propos par les paroles particulièrement poignantes d'un « Poilu » Jean Dumont 283° RI, Front Aisne 1914
« La Guerre, c'est la lutte contre un ennemi invisible et qu'on sait fortement retranché, décidé à vendre chèrement sa vie. […]

« La Guerre, c'est l'angoisse qui vous étreint quand vous entendez le râle des mourants ou les plaintes des blessés qui souvent meurent au coin d'un bois ou dans un champ, faute de soins. »

Notre mémoire collective restera à tout jamais marquée par cette véritable boucherie… La France sortit meurtrie par la perte de plus d’un million et demi de vies humaines sur les 40 millions d’habitants d’alors. Chaque commune, chaque famille a payé son dû pour les morts, mais aussi les 3 millions de blessés, de mutilés, de « gueules cassées »…

Il fallut encore un conflit mondial et l'horreur de la mort industrialisée, pour que l'Europe comprenne que la Paix était un bien à construire chaque jour. Dans nos écoles, on apprend aujourd’hui avant tout ce qui nous rassemble et le respect d'une humanité commune.

L'Europe doit être fidèle à l'Humanisme et aux Lumières qui sont nés sur son sol pour que se concrétise la vision de Victor Hugo parlant des États-Unis d'Europe : « Il y aura sur le monde un flot de lumière. Et qu'est-ce que c'est que toute cette lumière ? C'est la liberté. Et qu'est-ce que c'est que toute cette liberté ? C'est la paix. »

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