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Tribunes libres

Discours de François Deligné lors de la cérémonie du 11 novembre 2014

Mesdames et Messieurs les élus,

Mesdames et Messieurs les représentants d’associations d’Anciens combattants,

Mesdames et Messieurs les représentants des forces armées, de la sécurité publique et de la sécurité civile,

Mesdames et Messieurs les représentants des établissements scolaires,

Mesdames et Messieurs,

Chers élèves, Chers ami/es,

Comme chaque 11 novembre, nous sommes réunis pour commémorer ensemble l’Armistice qui mit fin à la première guerre mondiale. Mais cette année est toute particulière puisqu’un siècle exactement nous sépare de cette tragédie qui fit basculer le monde dans une nouvelle ère.

1914/2014, 100 ans déjà… 100 ans que des peuples aux quatre coins du globe furent plongés dans une guerre d’une violence inouïe qui décima près de 10 millions de personnes dans le Monde. L’Europe entière fut bouleversée et durement frappée.

En France, nous perdîmes plus d’un million et demi de vies humaines et déplorâmes près de 3 millions de blessés, de mutilés, de « gueules cassées ».... Chaque commune, chaque famille payèrent un lourd tribut à cette guerre folle, qui ravagea une génération entière et meurtrit autant les chairs que les esprits.

Notre mémoire collective restera à tout jamais marquée par cette hécatombe.

Entretenir le souvenir est d’autant plus important aujourd’hui qu'il n'existe plus de témoins ni d'acteurs directs de ce conflit. La présence, aux côtés des associations d’anciens combattants, de nombreux jeunes Guyancourtois nous assure la préservation de cette mémoire.

Notre assemblée de ce matin, qui réunit différentes générations, rend hommage aux combattants qui se sont sacrifiés pour notre pays, pour notre commune. A l’écoute des noms inscrits sur notre monument aux morts, nous avons une pensée émue et reconnaissante pour ces Guyancourtois, nos ainés, tombés pour notre liberté. En ce moment solennel, nous retissons le lien entre la grande Histoire et notre histoire locale, entre Guyancourt et les Guyancourtois. Car derrière chaque nom inscrit, il y a un être, une vie, une famille.

Notre ville vit depuis quelques mois au rythme des commémorations de ce centenaire.

Je profite de cet instant pour remercier chaleureusement tous les Guyancourtoises et les Guyancourtois qui s’y sont associés. Je pense au Comité de recherche de la Grande guerre qui a mené, en partenariat avec les Archives municipales, un travail de mémoire remarquable.

L’exposition « Guyancourt dans la Grande Guerre » est le fruit de leur recherche. D’une richesse incroyable, elle met en lumière les origines du conflit et les chemins de vie des mobilisés Guyancourtois. Je garde à l’esprit l’émotion ressentie par les familles retrouvant, au cours de leur visite, un de leurs ancêtres disparus dans ce conflit.

Je pense aussi, bien sûr, aux actions et réflexions engagées par les établissements scolaires et salue l’investissement formidable des élèves, collégiens et conseillers municipaux enfants qui ont lu ce matin des écrits émouvants de poilus.

En ce jour particulier, je souhaiterais rappeler la mémoire d’un grand homme, dont on célèbre cette année aussi le centième anniversaire de la mort. Le 30 juillet 1914, dans une France agitée de relents nationalistes, Jean Jaurès, visionnaire pacifiste, est assassiné à deux pas du siège de son journal L’Humanité.

Quelques mois avant sa mort, il s’adressait à la jeunesse avec des mots qui résonnent encore aujourd’hui :

« On vous dit, c’est le refrain d’aujourd’hui : Allez à l’action. Mais qu’est-ce que l’action sans la pensée ? On vous dit : Écartez-vous de ce parti de la paix qui débilite les courages. Et nous, nous disons qu’aujourd’hui l’affirmation de la paix est le plus grand des combats : combat pour refouler dans les autres et en soi-même les aspirations brutales et les conseils grossiers de l’orgueil convoité ; combat pour braver l’ignominie des forces inférieures de barbarie qui prétendent, par une insolence inouïe, être les gardiennes de la civilisation française ! »

En ce Centenaire de la première guerre mondiale, gardons à l’esprit cette exhortation de Jaurès.

En ces temps où l’action, voire la réaction, sont les maître-mot de nos sociétés, souvenons-nous que le chemin de la paix a été long et sinueux. On a longtemps pensé que cette guerre serait la « Der des der », mais l'Europe dut subir l'horreur absolue d'un second conflit mondial.

Prendre le temps est nécessaire, et redoubler d’effort indispensable pour préserver la paix et étouffer tous les ferments de division : l’indifférence, l’intolérance, le racisme, l’individualisme, le repli sur soi.

En ces temps de crise économique, où beaucoup de nos concitoyens sont en perte de repère, il nous faut plus que jamais travailler à l'union des peuples et des individus pour construire un espace de Paix, de prospérité, et de solidarité qui a tant manqué à nos aînés.

Rappelons aux jeunes générations que la paix est la seule voie possible pour préserver et faire vivre les valeurs républicaines et démocratiques qui sont au cœur de notre idéal européen.

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