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Discours de François Deligné

Cérémonie du 8 Mai - 7 Mai 2010 - Commémoration en présence de collégiens de Guyancourt

Cérémonie du 8 Mai - Discours de François Deligné - 7 Mai 2010 - Commémoration en présence de collégiens de Guyancourt

Mesdames et messieurs les élus,
Messieurs les représentants d’associations d’Anciens Combattants,
Mesdames et messieurs les représentants des forces armées, de la sécurité publique et de la sécurité civile,
Mesdames et messieurs les représentants d’établissements scolaires,
Mesdames, Messieurs, chers enfants, chers amis,

Je tiens tout d’abord à saluer les jeunes Guyancourtoises et les jeunes Guyancourtois qui assistent aujourd’hui à cette cérémonie. Votre présence ici est importante à de nombreux titres. C’est vous qui détenez les clés de notre avenir et afin de tenir ce rôle, il vous faut connaître votre Histoire, notre Histoire.

8 mai 1945 – 8 mai 2010. 65 ans nous séparent de la capitulation allemande du IIIe Reich d’Adolf Hitler à Reims.

Ce moment couronnait la victoire contre la barbarie et la machine de guerre nazie et la fin d’une très douloureuse période. Une période marquée par la perte de 45 millions de victimes de ce conflit.

45 millions d’âmes dont la moitié était des civils.

45 millions de femmes, d’hommes et d’enfants disparus dans cette tourmente qui a duré six ans.

Le XXe siècle aura été marqué par deux guerres mondiales dont chacune prit naissance en Europe. On aurait pu croire qu’après la guerre de 1914-1918, l’Europe qu’on appelle aussi le vieux continent aurait eu la sagesse que l’on prête aux aînés. Il n’en fût rien.

Les rancoeurs, les graines du nationalisme, du nazisme et du fascisme donnèrent naissance à la plus carnivore des plantes. Puis il fallut nourrir ce monstre…

En 1945, le monde libre venait à bout de la tyrannie nazie. Les troupes alliées firent l’abominable découverte des camps de la mort. Pour la première fois, on parlait de crime contre l’humanité.

L’horreur laissa ensuite place à la stupéfaction. Comment croire que des hommes aient pu imaginer la solution finale et l’univers des camps de concentration. Au nom des victimes nous ne devons pas oublier.

N’oublions pas que l’Homme a alors inventé, porté par la haine, des modes de destruction massifs capables de le conduire un jour à sa propre disparition. Qu’il a voulu éliminer des populations entières : résistants, juifs, handicapés mentaux, roms, communistes ou homosexuels… Cette volonté d’extermination porte la marque de la honte.

N’oublions pas que des êtres humains, ont dénoncé des compatriotes, des voisins, des amis, des frères, pendant que d’autres tentaient de les protéger et de résister. Des personnes comme Jean Roger Allviger et Jean Lanot, deux résistants qui furent fusillés par les soldats allemands lors de la libération de Guyancourt. Comme chaque année, nous leur rendrons hommage avec les anciens combattants.

Il faut se souvenir de tout cela et continuer à le transmettre années après années. À vous, notamment qui le transmettrez à votre tour.
Afin de ne plus jamais entendre : Je ne savais pas…

Je tiens à saluer, ici et aujourd’hui, ceux qui accomplissent ce geste sans relâche. Pour la municipalité (et je peux vous dire que j’y suis pour moi-même très attaché), réunir à la fois les représentants des Anciens Combattants et les écoliers de notre ville est un acte qui participe de ce devoir de mémoire.

Ce message de paix rapproche les générations représentées devant ce monument aux morts.

Il est nécessaire de rester vigilants pour ne pas donner aux générations à venir l’occasion de revivre pareil calvaire que celui qu’ont vécu nos parents, nos grands parents…

Ce n’est pas de cet avenir que nous voulons et ce n’est pas ce qu’ont voulu les pères fondateurs de l’Europe.

Ils voulaient devenir les artisans d’une paix durable et fraternelle. Ceux qui étaient des ennemis sont devenus des partenaires et des amis, à force d’échanger et d’apprendre à connaître l’autre.

Certains sont tentés de réécrire l’Histoire pour satisfaire les pires desseins. Les nationalismes peuvent pourtant resurgir. La haine peut changer de visage et certains sont prêts à mettre le feu aux poudres pour posséder un hypothétique pouvoir.

C’est afin d’éviter tout cela que nous sommes réunis ici.

Afin que chacun, quel que soit son âge ou ses origines devienne le gardien d’une mémoire qui a permis et permettra encore de vivre en bonne entente.

Je vous remercie.

Cérémonie des Voeux - 19 Janvier 2010

Cérémonie des Vœux - Discours de François Deligné - 19 Janvier 2010

Mesdames et messieurs les élus,
Mesdames et messieurs les représentants des forces armées, de la sécurité publique et de la sécurité civile,
Mesdames et messieurs les représentants d’établissements scolaires, et d’associations,
Mesdames et messieurs les dirigeants d’entreprises et d’établissements,
Mesdames, Messieurs, chers amis,

Avec toute mon équipe, je suis heureux de vous accueillir et de vous retrouver ce soir au Pavillon Waldeck Rousseau.

Ce temps d’échange de nos vœux est avant tout un rendez-vous convivial que nous avons plaisir à partager avec les habitants de Guyancourt et l’ensemble des partenaires de la commune.

Au nom du Conseil municipal, je vous présente mes meilleurs vœux pour cette nouvelle année :
Des vœux de réussite dans les projets qui vous sont chers.
Des vœux de santé et de bonheur, pour vous et pour vos proches.

Permettez-moi aussi de partager avec vous, une pensée particulière pour les victimes du violent séisme qui a dévasté Haïti.
Devant l’ampleur de cette terrible catastrophe, les survivants ont besoin de secours d’urgence, de soins et demain, d’aide à la reconstruction.

La solidarité doit pouvoir se développer à tous les niveaux.
C’est pourquoi, je proposerai le vote d’une aide financière d’urgence lors de la prochaine séance du Conseil Municipal.

Pour nos concitoyens, je souhaite que l’échange, le partage et l’attention portée à chacun soient au cœur de l’année 2010.

2009 s’est achevée sur une note préoccupante pour l’ensemble du pays. Elle aura amené beaucoup de souffrance et plongé un grand nombre de personnes dans des difficultés accrues.

Localement, les élus sont le dernier recours social.

À Guyancourt, nos échanges avec les habitants nous ont permis de mesurer l’ampleur des dégâts du chômage.

Lors des rencontres avec les demandeurs d’emploi, j’ai pu voir à quelles situations sont confrontés ceux qui cherchent un travail.

Lors de mes actions de soutien auprès des salariés des entreprises touchées sur le territoire, j’ai pu constater leur désarroi  face au couperet du licenciement.

Ce sont plus de 600 000 emplois qui ont été perdus en France depuis le début de la crise. Et derrière les statistiques, ce sont des familles mises en difficulté.

Comment accepter que l’emploi ne soit pas la priorité nationale ?
Comment renoncer au partage du travail ?
Comment admettre qu’en 2009, les profits de la Bourse aient atteint de tels sommets ?
Comment approuver la suppression des emplois publics ?

Mais cette crise ne se résume malheureusement pas à l’emploi. L’attente de nombre de nos concitoyens  pour obtenir un logement est insupportable !
Où sont les actions annoncées par le gouvernement depuis des années pour développer le logement social ?

Notre ville a montré le chemin et si chaque commune des Yvelines prenait sa part comme nous avons pris la nôtre, alors chaque Yvelinois, je dis bien chaque Yvelinois, aurait un logement décent.

Ce rempart social tant attendu ne peut avoir de sens que si l’Etat nous apporte son soutien en nous laissant les moyens nécessaires pour assumer ce rôle.

Or, celui-ci persiste à se désengager et crée incertitude et doute sur les ressources des collectivités territoriales.

Dans le même temps, nous voyons apparaître des projets de lois destructeurs.
Destructeurs parce qu’ils remettent en cause la réforme de la décentralisation.
Destructeurs parce qu’ils asphyxient les collectivités et programment leur perte d’autonomie !

C’est bien l’avenir des services aux habitants que nous devrons défendre.

C’est dans ce contexte qu’en 2009, nous avons dû agir pour répondre au mieux aux demandes des Guyancourtois, alors que beaucoup de communes en France diminuent leurs services à la population ou augmentent leurs impôts.

Nous avons, pour notre part, préservé nos services sans augmenter la pression fiscale, grâce à notre dynamisme économique et à la bonne santé de nos finances.

Mais  qu’en sera-t-il demain ?

Combien de temps devrons-nous résister ?

Malgré ces difficultés, soyez sûrs, soyez sûrs que mon équipe continuera à défendre le projet pour lequel vous l’avez élue : la solidarité, les services publics de proximité prenant en compte la vie quotidienne des habitants.

Ainsi, nous maintiendrons la cohésion sociale et l’équilibre de notre ville.

Jean Piaget écrivait d’ailleurs : « La tendance la plus profonde de toute activité humaine est la marche vers l'équilibre ».

C’est vers cet équilibre que chacun tend à Guyancourt.

Je pense tout d’abord à l’équilibre entre les générations, par les services proposés aux familles et l’attention apportée à chaque âge de la vie.

L’enfance et la petite enfance sont au cœur de notre projet de ville.

Crèches familiales et collectives, garderies, études aménagées, classes de découvertes ou encore gratuité des fournitures scolaires sont autant de mesures qui illustrent notre politique.

L’éducation, ce n’est pas seulement inculquer une somme de connaissances ou de normes à un élève, c’est également en faire un futur citoyen à part entière.

L’éducation, c’est aussi la solidarité et cette année scolaire a vu l’ouverture d’un centre de loisirs adapté pour enfants handicapés, créé par l’association « Du Fun pour tous »  en lien avec nos structures périscolaires.

Guyancourt, ville de l’enfance, est aussi la première ville universitaire des Yvelines avec plus de 10 000 étudiants sur son territoire.

La jeunesse, étudiante ou non, a pour sa part de multiples attentes et nous devons y répondre en termes d’accompagnement à la formation, à l’emploi avec par exemple le forum des formations aux métiers organisé par la Boutique Info Jeunes.

Mais aussi en termes de loisirs avec les points jeunes, les équipements sportifs et socioculturels ou encore les chantiers jeunes.

Les familles continueront à bénéficier de l’École des Parents de Guyancourt.

Ce service dont les locaux viennent de s’agrandir poursuivra son travail pour accueillir et orienter les parents.

Des parents qui peuvent trouver toutes sortes d’informations, bénéficier de consultations psychologiques ou participer aux rencontres débats qui touchent à tous les thèmes liés à l’éducation des enfants.

En 2010 nous développerons la médiation entre l’école et les familles dans le cadre de la réussite éducative.

Une attention toute particulière est aussi apportée à nos aînés.

La Ville a mis en place un nouveau dispositif l’été dernier. Les anciens ont reçu la visite d’étudiants Guyancourtois : les agents de convivialité.

Un double objectif a été atteint : éviter l’isolement et créer des jobs d’été pour des jeunes.

Cette action a connu un grand succès. À tel point que les demandes pour la renouveler ont afflué.

Ces liens inter-générationnels sont précieux. Nos aînés prennent part à la vie locale et participent aux manifestations culturelles ou sont très actifs au sein des associations de la ville.

Chaque jour, ils nous montrent que l’expérience est une richesse.

L’équilibre social et l’habitat sont aussi au cœur de Guyancourt.

Un nouveau cap est sur le point d’être franchi à Villaroy.

L’été prochain, plus de 200 familles prendront possession de leur logement.

Les services de proximité et les équipements publics du quartier sont prêts à les accueillir.

Ces réalisations répondent à notre objectif d’habitat diversifié. Un habitat, réparti entre locatif aidé et accession à la propriété, qui permet une véritable mixité sociale.

Pour faciliter l’acquisition de logements par des familles guyancourtoises, la Communauté d’Agglomération a consenti à d’importants efforts financiers.

Des efforts qui se poursuivront avec les futurs logements du Trou Berger, tout près du Pavillon où nous sommes réunis ce soir.

Favoriser les parcours résidentiels restera une priorité pour l’équipe municipale.

C’est l’équilibre économique de notre ville qui permet la réalisation de nos projets.

Nous venons d’accueillir, ces derniers mois, de grandes entreprises à la Redoute de Bouviers.

Je souhaite la bienvenue aux 2 300 employés qui viennent d’emménager dans leurs nouveaux locaux et je voudrais, avec vous, saluer la présence ce soir des représentants du groupe Malakoff Médéric et de Sodexo France.

Encore bienvenue à tous !

Ces bâtiments construits sur notre territoire constituent une ressource financière pour la Ville. Mais c’est aussi et surtout une source d’emplois renouvelés ou conservés en cette période de crise économique.

Avec la Communauté d’Agglomération, nous resterons mobilisés pour favoriser la dynamique du territoire et défendre l’emploi.

Fort heureusement, dans ce contexte de crise, Renault regroupe ses activités à Guyancourt et augmentera ses effectifs pour atteindre 14 000 personnes au Technocentre.

Bouygues investit pour sa part dans l’adaptation complète du site de Challenger aux normes environnementales pour en faire une vitrine mondiale du développement durable.

Ces très bonnes nouvelles sont rassurantes pour l’avenir.

C’est par le maintien des grands équilibres que Guyancourt se conjugue au futur.

Le Plan Local d’Urbanisme qui dessinera l’avenir de Guyancourt l’illustre.

Les Guyancourtois ont participé aux ateliers et réunions publiques qui ont permis d’avancer dans  l’élaboration de ce projet.

Pour l’harmonie de notre territoire, les grands équilibres entre les espaces verts et bleus, les logements ou l’accueil d’entreprises seront respectés.

Ils résonnent de concert, comme les trois piliers du développement durable : le Social, l’Economique et l’Ecologique.

C’est au point d’équilibre entre ces trois piliers que toute action devient pérenne pour les générations futures.

La Ville sait prendre en considération l’avis des Guyancourtois sur l’avenir de leur commune.

Dès lors, que penser de projets d’aménagement aussi vastes que l’Opération d’Intérêt National du plateau de Saclay.

La Ville et la Communauté d’agglomération doivent être consultées et associées aux décisions qui seront prises.

C’est pourquoi le Conseil Municipal a voté à l’unanimité une motion rappelant les points fondamentaux que la Ville souhaite voir respectés par l’OIN :

-    le maintien des grands équilibres dans le domaine de l’habitat, des équipements et de l’activité,
-    pas de création d’un nouveau quartier et pas de logement à l’est de la route départementale 91,
-    le maintien d’une trame verte et du site classé de la vallée de la Bièvre.

Avec mon équipe, nous continuerons à vous informer sur l’évolution de ce projet de l’État et ferons entendre votre voix.

Nous sommes d’ailleurs régulièrement à votre écoute.

Je pense aux grands rendez-vous, aux consultations avec les visites et les assemblées de quartiers.

Ce sont de véritables moments d’échange qui nous permettent d’être au plus près de vos besoins.

Et au-delà de ces moments dédiés à la démocratie locale, nous aurons de nombreux rendez-vous qui rythmeront l’année.

Alors donnons-nous rendez-vous pour participer aux grandes manifestations fédératrices :

Du Carnaval de la Ville aux « Associations en fête », des rencontres du Jumelage à la fête Nationale, de la nuit de la gymnastique à la fête de la musique, sans oublier la Semaine de l’Enfance qui deviendra « le printemps de l’Enfance »

Tous ces moments - et bien d’autres - contribuent à faire de Guyancourt, une ville agréable, animée, où il fait toujours bon se rencontrer et partager.

Le lien social est précieux.

Il participe vivement du dynamisme de Guyancourt et de l’équilibre de chacun d’entre nous. Ce sont les services de la ville, les associations et l’ensemble des bénévoles qui le développent.

Ils méritent nos remerciements.

En 2010, donnons-nous, également, rendez-vous pour des moments officiels.

Au printemps, nous inaugurerons les laboratoires de l’Institut Pierre Simon Laplace et l’observatoire des sciences de l’univers.
Ce pôle d’excellence des sciences du climat financé par la région a déjà une renommée mondiale et rayonnera d’autant plus dans ces nouveaux locaux.

Après la rentrée de septembre, la nouvelle école municipale de musique, tant attendue par les élèves, leurs familles et les professeurs complétera enfin notre pôle musiques de La Batterie.

La maison médicalisée de la Fondation John Bost quant à elle ouvrira ses portes en avril, pour répondre à la demande des familles confrontées au handicap.

Et enfin, au Pont du Routoir, après la construction du nouvel Espace Territorial, une résidence services sort de terre sur les anciens terrains des entreprises Maillet.

Elle accueillera pour des périodes de courte durée des cadres, des stagiaires et des chercheurs.

Voici les équilibres vers lesquels tend Guyancourt,
Voici les événements qui font battre le cœur de notre ville.

Victor Hugo disait d’ailleurs « Une ville finit par être une personne ». Ici, ce sont les personnes dans leur diversité qui font la ville.

Alors, merci, merci à vous, merci à toutes celles et tous ceux qui font de Guyancourt cette personne, cette ville harmonieuse solidaire et équilibrée.

Cérémonie du 11 Novembre - 11 Novembre 2009

Cérémonie du 11 Novembre - Discours de François Deligné - 11 Novembre 2009

Mesdames, Messieurs les élus,
Messieurs les représentants d’associations d’Anciens combattants,
Mesdames, Messieurs les représentants des forces armées, de la sécurité publique et de la sécurité civile,
Mesdames, Messieurs, chers amis,

Nous sommes ici réunis pour commémorer l’armistice de la première guerre mondiale signé à Rethondes le 11 novembre 1918 au matin. Cet acte mettait fin à un conflit qui a marqué l’Europe par son atrocité. Ce jour restera dans toutes les mémoires. Celles des soldats, de leurs familles, de leurs nations. À toutes les victimes de ce désastre, c’est l’émotion et le souvenir qui survivent aujourd’hui.

Combien d’enfants, de femmes, de parents ont vu partir, un matin de ces années de guerre, un père, un mari ou un fils. Combien ont dit un au revoir alors qu’il s’agissait d’un adieu ?
 
A Guyancourt, ce sont 38 de ces hommes qui un jour, sont allés au front pour ne jamais en revenir. Des jeunes qui pour la plupart avaient à peine vingt ans, fauchés en pleine jeunesse, au début d’une vie d’adulte pleine de promesse. Des jeunes qui ont laissé une profonde cicatrice dans la vie du village qu’était notre ville à l’époque. En 1911, on pouvait compter 690 âmes. Je vous laisse imaginer, l’absence, le vide laissés par ces 38 existences.

C’est toujours avec émotion que leurs noms sont lus en ce 11 novembre et qu’en écho résonne « Mort pour la France ».

Ils étaient les acteurs de leur vie, jusqu’à ce qu’ils rejoignent le théâtre de ces opérations barbares. Les champs de batailles, les tranchées sont devenus la triste scène d’un drame humain et matériel qui, lorsque le rideau s’est baissé, a laissé l’Europe et le monde dans un état déplorable en ce début de XXe siècle.

La guerre moderne est née ces années-là.

Pour la première fois, les généraux de tous pays et derrière eux les industries de l’armement, véritables industries de la mort pouvaient tester l’effet des chars, de l’aviation et de ce qu’on appelle aujourd’hui armes chimiques ou armes de destruction massive avec les gaz.
 
La guerre mondiale est née ces années-là.

Pour la première fois on se battait à l’autre bout de la Terre. Au Japon, en Chine, dans les îles Samoas…

Pour la première fois, des soldats venaient de l’autre bout de la Terre pour se battre. Quelque 600 000 hommes venus des colonies. Ces « tirailleurs » ont quitté leurs villages, le soleil et la chaleur du désert, pour perdre la vie dans le froid et la boue de la Meuse, de la Marne ou encore des Ardennes.
Ils venaient pour la plupart d’Afrique, le berceau de l’humanité et la France est devenue leur tombeau.

La guerre a été massivement meurtrière ces années-là.

Pour la première fois, des hommes tombaient sous la mitraille et les obus à une cadence quasi industrielle chaque jour. Le conflit a fait environ 9 millions de morts, soit presque 6 000 par jour. On compte également 8 millions d’invalides dont les tristement emblématiques gueules cassées.

« Jamais je n'avais pensé que de telles atrocités pouvaient se passer. Dans mon imagination d'humain, ce n'était pas possible. » déclarait Abdoulaye N'Diaye, dernier tirailleur sénégalais.

Pour la première fois, le monde connaissait une entreprise d’extermination et déportation organisée par un état avec le génocide arménien par l’empire Ottoman.

Pourtant, cela n’aura pas servi de leçon au monde.

Il y a tout juste 90 ans, en 1919, les traités de Versailles et de Saint-Germain-en-Laye signifiaient officiellement la défaite des empires allemands et austro-hongrois.

De ces actes naissaient le redécoupage de l’Europe et les rancœurs qui allaient favoriser la montée des nationalismes vingt ans plus tard.
La Société Des Nations créée cette même année n’aura en rien pu l’empêcher.

En 1919 toujours, un certain Benito Mussolini rejoignait les Faisceaux italiens de combat, l’ancêtre du parti fasciste créé en 1921.

À l’issue de ce conflit, des hommes et des femmes rendent hommage au sacrifice des 1,4 millions de tués et de disparus français en érigeant plus de 36 000 monuments au morts, tout comme celui-ci.

Cette cérémonie est aussi un moment de transmission. Chaque année, la population, les élus et surtout les représentants des fédérations d’anciens combattants viennent se recueillir devant ce monument, symbole de ceux qui sont tombés. Personne mieux qu’eux ne sait à quel point il est important d’assumer la responsabilité d’apprendre jeunes générations aux plus jeunes que la paix est importante et qu’il faut savoir se dresser devant la barbarie. La guerre 14-18 fait partie de notre Histoire collective et a marqué à jamais les histoires personnelles de nos 38 morts pour la France.

Ces histoires personnelles, Alain Sense et une équipe de généalogiste amateurs est en train de les retracer. Ils ont déjà beaucoup appris sur ceux dont les noms sont inscrits sur ce monument. Ils même ont pu mettre un visage sur certains d’entre eux. C’est aussi cela le devoir de mémoire, découvrir qu’un jour, des personnes à l’aube d’une vie qui aurait pu être bien remplie ne sont pas revenues de ces sept ans de guerre.

Je terminerais en citant  Bernard Delhom un poilu : 

« Mon meilleur souvenir : en être sorti vivant »

Je vous remercie


Cérémonie du 8 Mai - 8 Mai 2009

Cérémonie du 8 Mai - Discours de François Deligné - 8 Mai 2009

Mesdames et messieurs les élus,
Messieurs les représentants d’associations d’Anciens Combattants,
Mesdames et messieurs les représentants des forces armées, de la sécurité publique et de la sécurité civile,
Mesdames et messieurs les représentants d’établissements scolaires, et d’associations,
Mesdames, Messieurs, chers amis,

Nous sommes réunis aujourd’hui pour commémorer ensemble l’armistice du 8 mai 1945 à Reims. La capitulation allemande mit fin à l’une des plus tragiques périodes de notre Histoire. Six années d’un conflit meurtrier.

Il y a 70 ans, presque une vie d’Homme, en 1939, la Seconde Guerre Mondiale débutait.

Cette année-là, Hitler annonçait dans un discours : « la guerre à venir entraînera la destruction de la race juive en Europe » et les SS demandaient au gouvernement allemand de faire porter l'étoile jaune aux juifs.

Cette année-là, le maréchal Pétain devenait ambassadeur de France dans une Espagne qui vivait déjà sous la dictature franquiste.

Cette année-là, Hitler et Mussolini transformaient le pacte Antikomintern en alliance militaire. En septembre 1939, la Pologne était envahie par l’Allemagne et la Russie. L’événement marque l’entrée en guerre du Royaume-Uni, de l'Australie, de la Nouvelle-Zélande et de la France. La “Drôle de guerre” débutait pour terminer comme chacun le sait.

Ces six années de conflit ont été lourdes en pertes humaines et ont laissé l’Europe exsangue. 45 millions de personnes, sur tous les continents, ont perdu la vie au cours de cette guerre.

Des femmes et des hommes ont enduré mille souffrances et privations durant ces terribles années. Des années sombre au cours desquelles la barbarie a régné.

N’oublions pas que l’Homme a montré sa part d’ombre. De cette part d’ombre est née une véritable industrie de la mort. Les messages de haine, de rejet de la différence ont conduit à l’élimination systématique de populations entières. Les camps de la mort ont été le sinistre théâtre du massacre des résistants, des juifs, des tziganes, des handicapés mentaux, des homosexuels ou des communistes.

Des femmes et des hommes, sous le régime de Vichy, n’ont pas hésité à dénoncer, déporter, torturer ou tuer leurs semblables.
Il faut se souvenir de ces événements qui portent le sceau du fascisme, de l’idéologie nazie et du totalitarisme.

Il est primordial de rester vigilant pour éviter à chacun de revivre les atrocités qu’ont vécues nos pères et les pères de nos pères. Année après année, nous devons continuer à transmettre ce message. Les générations futures se devront de le faire à leur tour.

Transmettre est notre devoir. Nous l’accomplissons avec les représentants des anciens Combattants que je salue ici aujourd’hui.

Bien sûr, en ces temps de crise économique, de période de doute et de chômage, le spectre du populisme et de l’extrémisme réapparaît. Il convient de se souvenir de la montée des nationalismes dans les années trente. Certains aiment à réécrire l’Histoire en qualifiant de « détail » ce qui reste pour nombre d’entre nous une blessure indélébile. Une marque qu’on ne peut effacer, à l’image d’un numéro de matricule tatoué sur le poignet.

Face à des propos aussi incongrus, c’est le message de paix qui s’impose.

Après guerre, les rancœurs ont dû être oubliées et les pays qui s’étaient battus hier sont devenus les artisans de la paix de demain. Il a fallu reconstruire non seulement des villages, des villes, des régions, détruits par ces six années de guerre mais aussi panser les blessures et relancer l’économie.

C’est ce qu’ont su faire la France, l’Allemagne et bien d’autres nations avec la naissance de la communauté européenne et le fameux traité de Rome douze ans après le conflit.

Quel chemin parcouru depuis l’après-guerre jusqu’à ce traité qui symbolise cette grande Europe démocratique qui s’est depuis ouverte à d’autres pays.

Aristide Briand écrivait : « Pour faire la paix, il faut être deux : soi-même et le voisin d'en face. » C’est ce que les artisans de l’Europe ont su faire de ce devoir de mémoire en perpétuant le souvenir et en préservant la paix entre les peuples.

Hier l’Europe s’est détruite par les armes.

Aujourd’hui, nous devons continuer sa construction par les urnes.

Je vous remercie