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Discours de François Deligné

Cérémonie du 8 Mai - 8 Mai 2010

Cérémonie du 8 Mai - Discours de François Deligné - 8 Mai 2010

Mesdames et messieurs les élus,
Mesdames et messieurs les représentants des forces armées, de la sécurité publique et de la sécurité civile,
Mesdames, messieurs les directeurs départementaux,
Mesdames et messieurs les représentants d’établissements scolaires, et d’associations,
Mesdames, Messieurs, chers amis,

Il y a 65 ans jour pour jour, le 8 mai 1945, l’Allemagne nazie capitulait devant les Alliés à Reims. Le général Jodl (Yodel), chef d'état-major de la Wehrmarcht et l'état-major des troupes allemandes du front Ouest signaient la reddition sans condition de l’Allemagne. Quelques heures plus tard, l’acte définitif de capitulation était signé à Berlin.

Nous sommes aujourd’hui réunis afin de commémorer, ensemble, cet évènement de notre Histoire. L’Histoire de notre pays mais aussi l’Histoire du monde. Nous célébrons aujourd’hui la fin de six longues années d’une guerre qui a décimé 45 millions de personnes et laissé des marques indélébiles…

Commémorer, témoigner sont des actes forts qu’il faut poursuivre au delà de l’instant où nous quitterons ce monument aux morts. Notre responsabilité individuelle et collective est de transmettre un message : celui du souvenir.

Transmettre est un choix et un devoir, le devoir de mémoire.

Je tiens notamment à saluer le travail des représentants des fédérations d’anciens combattants. Nous étions réunis hier, ici-même, en compagnie des enfants des écoles élémentaires de Guyancourt. Je sais à quel point il est important pour chacun d’entre vous de passer le relais, le flambeau, pour que la flamme de la paix et de la liberté brille encore longtemps, même dans les nuits les plus sombres.

C’est au prix du sacrifice de nombreux jeunes hommes, dont certains ont perdu la vie sur les plages de Normandie, d’Afrique ou encore d’Italie que nous avons l’insigne honneur et la chance de vivre dans un pays libre.

C’est aussi grâce à ceux qui ont su s’organiser pour résister au nazisme et à la barbarie. Nombreux sont ceux qui l’ont payé de leur vie comme Allviger et Lanot, deux jeunes abattus au bois Robert la veille de la Libération de Paris. Nous leur avons rendu hommage ce matin, devant la stèle édifiée à leur mémoire. Ces noms sont ceux de deux jeunes gens qui étaient des fils et qui auraient pu être des maris et des pères.

Les leçons de la première guerre mondiale n’avaient pas été tirées. La frustration et les rancœurs furent le terreau de la plus carnivore des plantes. Les graines du nationalisme laissèrent place au nazisme et au fascisme. Ces idéologies, le culte de la personnalité en furent l’engrais. Puis il fallut nourrir ce monstre… le nourrir avec 45 millions de femmes, d’hommes et d’enfants dont des civils pour la moitié.

Lentement ce monstre a gagné du terrain et de nombreux signes avant-coureurs annonçaient qu’un jour, l’Allemagne et ses alliés Italiens, Japonais ou encore Espagnols, seraient les phalanges noires d’une main qui s’est refermée sur le destin de millions de personnes.

Pourtant alors que l’on tenait sous silence ceux qui pressentaient le danger dès 1937, les allemands utilisaient l’Espagne Franquiste comme laboratoire pour leurs industries d’armement. En écho des bombardements et des canons résonne encore le nom de Guernica.

Le Reichstag accordait les pleins pouvoirs à Hitler qui célébrait plus tard l’alliance Italo-germanique avec Mussolini à Berlin devant 800 000 personnes.

Allemands, Italiens étaient coulés dans le moule d’une pensée unique, de la propagande, du culte de la personnalité. Ils n’avaient plus à craindre le chômage grâce à leurs nouveaux maîtres qui les poussaient dans la logique des grands travaux qui auguraient déjà de l’effort de guerre.

Puis vint l’interdiction aux Juifs d’exercer une profession commerciale et la confiscation de leurs biens.

Puis vint la nuit de cristal et le pogrom instrumentalisé par Goebels avec pour prétexte l’assassinat du secrétaire de l’ambassade allemande à Paris.

Puis vint l’horreur, on élimina d’abord les populations d’origines ethniques différentes, puis ceux ayant des idées politiques différentes jusqu’à ce qu’aucun ne puisse s’opposer à ces régimes sans risquer sa propre vie ou celle de sa famille.

N’oublions pas que si certains étaient portés par la haine, de nombreux autres l’étaient par la peur.

Il y a 65 ans, le 7 mai, les Soviétiques libéraient 25 000 survivants du camp de concentration de Theresienstadt. Le monde découvrait l’horreur de cette véritable industrie de la mort.

Le nazisme est une injure à l’Histoire marquée par le sceau de la honte. Sa chute doit témoigner du choix de la Paix et de la Liberté pour le monde.

C’est sur ces bases qu’il y a 65 ans, en 1945, naissait l’Organisation des Nations Unies. Il lui incombait la lourde tâche d’éviter que de tels éléments ne se reproduisent.

Certes, au cours des années qui ont suivi, l’ONU n’a pas toujours pu être garante de cette paix. Notre monde, en effet, n’a pas toujours été des plus paisibles et d’aucuns sont encore aujourd’hui tentés de réécrire l’Histoire sous couvert de convictions ou pour satisfaire d’inavouables désirs.

Nous devons nous interroger sur les mécanismes qui ont conduit à la montée du totalitarisme. Je pense au contexte de crise économique ou au climat de peur dans lequel certains sont amenés à maintenir l’opinion. Je pense à la concentration des pouvoirs, des organes de presse ou encore à l’utilisation des moyens de l’État à des fins personnelles. Je pense à l’évolution d’un groupe vers une pensée unique au service d’un seul.

C’est aussi cela le devoir de mémoire, faire preuve de vigilance.

Je vous remercie.




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