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Signature de la Charte AMF pour la transparence de l'attribution des places en crèche, par François Morton, Maire de Guyancourt et Elisabeth Laithier, Co-présidente du groupe de travail Petite Enfance de l'AMF
Inauguration du Relais Assistants Maternels et du Lieu d'Accueil Enfants Parents en présence de la famille de Joséphine Baker
Le Maire, François Morton, rend visite aux commerçants de la Ville
La proximité, au coeur de notre action municipale

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Cérémonie du 11 Novembre - 11 Novembre 2009

Cérémonie du 11 Novembre - Discours de François Deligné - 11 Novembre 2009

Mesdames, Messieurs les élus,
Messieurs les représentants d’associations d’Anciens combattants,
Mesdames, Messieurs les représentants des forces armées, de la sécurité publique et de la sécurité civile,
Mesdames, Messieurs, chers amis,

Nous sommes ici réunis pour commémorer l’armistice de la première guerre mondiale signé à Rethondes le 11 novembre 1918 au matin. Cet acte mettait fin à un conflit qui a marqué l’Europe par son atrocité. Ce jour restera dans toutes les mémoires. Celles des soldats, de leurs familles, de leurs nations. À toutes les victimes de ce désastre, c’est l’émotion et le souvenir qui survivent aujourd’hui.

Combien d’enfants, de femmes, de parents ont vu partir, un matin de ces années de guerre, un père, un mari ou un fils. Combien ont dit un au revoir alors qu’il s’agissait d’un adieu ?
 
A Guyancourt, ce sont 38 de ces hommes qui un jour, sont allés au front pour ne jamais en revenir. Des jeunes qui pour la plupart avaient à peine vingt ans, fauchés en pleine jeunesse, au début d’une vie d’adulte pleine de promesse. Des jeunes qui ont laissé une profonde cicatrice dans la vie du village qu’était notre ville à l’époque. En 1911, on pouvait compter 690 âmes. Je vous laisse imaginer, l’absence, le vide laissés par ces 38 existences.

C’est toujours avec émotion que leurs noms sont lus en ce 11 novembre et qu’en écho résonne « Mort pour la France ».

Ils étaient les acteurs de leur vie, jusqu’à ce qu’ils rejoignent le théâtre de ces opérations barbares. Les champs de batailles, les tranchées sont devenus la triste scène d’un drame humain et matériel qui, lorsque le rideau s’est baissé, a laissé l’Europe et le monde dans un état déplorable en ce début de XXe siècle.

La guerre moderne est née ces années-là.

Pour la première fois, les généraux de tous pays et derrière eux les industries de l’armement, véritables industries de la mort pouvaient tester l’effet des chars, de l’aviation et de ce qu’on appelle aujourd’hui armes chimiques ou armes de destruction massive avec les gaz.
 
La guerre mondiale est née ces années-là.

Pour la première fois on se battait à l’autre bout de la Terre. Au Japon, en Chine, dans les îles Samoas…

Pour la première fois, des soldats venaient de l’autre bout de la Terre pour se battre. Quelque 600 000 hommes venus des colonies. Ces « tirailleurs » ont quitté leurs villages, le soleil et la chaleur du désert, pour perdre la vie dans le froid et la boue de la Meuse, de la Marne ou encore des Ardennes.
Ils venaient pour la plupart d’Afrique, le berceau de l’humanité et la France est devenue leur tombeau.

La guerre a été massivement meurtrière ces années-là.

Pour la première fois, des hommes tombaient sous la mitraille et les obus à une cadence quasi industrielle chaque jour. Le conflit a fait environ 9 millions de morts, soit presque 6 000 par jour. On compte également 8 millions d’invalides dont les tristement emblématiques gueules cassées.

« Jamais je n'avais pensé que de telles atrocités pouvaient se passer. Dans mon imagination d'humain, ce n'était pas possible. » déclarait Abdoulaye N'Diaye, dernier tirailleur sénégalais.

Pour la première fois, le monde connaissait une entreprise d’extermination et déportation organisée par un état avec le génocide arménien par l’empire Ottoman.

Pourtant, cela n’aura pas servi de leçon au monde.

Il y a tout juste 90 ans, en 1919, les traités de Versailles et de Saint-Germain-en-Laye signifiaient officiellement la défaite des empires allemands et austro-hongrois.

De ces actes naissaient le redécoupage de l’Europe et les rancœurs qui allaient favoriser la montée des nationalismes vingt ans plus tard.
La Société Des Nations créée cette même année n’aura en rien pu l’empêcher.

En 1919 toujours, un certain Benito Mussolini rejoignait les Faisceaux italiens de combat, l’ancêtre du parti fasciste créé en 1921.

À l’issue de ce conflit, des hommes et des femmes rendent hommage au sacrifice des 1,4 millions de tués et de disparus français en érigeant plus de 36 000 monuments au morts, tout comme celui-ci.

Cette cérémonie est aussi un moment de transmission. Chaque année, la population, les élus et surtout les représentants des fédérations d’anciens combattants viennent se recueillir devant ce monument, symbole de ceux qui sont tombés. Personne mieux qu’eux ne sait à quel point il est important d’assumer la responsabilité d’apprendre jeunes générations aux plus jeunes que la paix est importante et qu’il faut savoir se dresser devant la barbarie. La guerre 14-18 fait partie de notre Histoire collective et a marqué à jamais les histoires personnelles de nos 38 morts pour la France.

Ces histoires personnelles, Alain Sense et une équipe de généalogiste amateurs est en train de les retracer. Ils ont déjà beaucoup appris sur ceux dont les noms sont inscrits sur ce monument. Ils même ont pu mettre un visage sur certains d’entre eux. C’est aussi cela le devoir de mémoire, découvrir qu’un jour, des personnes à l’aube d’une vie qui aurait pu être bien remplie ne sont pas revenues de ces sept ans de guerre.

Je terminerais en citant  Bernard Delhom un poilu : 

« Mon meilleur souvenir : en être sorti vivant »

Je vous remercie


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