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Discours de François Deligné

Cérémonie du 8 Mai - 8 Mai 2009

Cérémonie du 8 Mai - Discours de François Deligné - 8 Mai 2009

Mesdames et messieurs les élus,
Messieurs les représentants d’associations d’Anciens Combattants,
Mesdames et messieurs les représentants des forces armées, de la sécurité publique et de la sécurité civile,
Mesdames et messieurs les représentants d’établissements scolaires, et d’associations,
Mesdames, Messieurs, chers amis,

Nous sommes réunis aujourd’hui pour commémorer ensemble l’armistice du 8 mai 1945 à Reims. La capitulation allemande mit fin à l’une des plus tragiques périodes de notre Histoire. Six années d’un conflit meurtrier.

Il y a 70 ans, presque une vie d’Homme, en 1939, la Seconde Guerre Mondiale débutait.

Cette année-là, Hitler annonçait dans un discours : « la guerre à venir entraînera la destruction de la race juive en Europe » et les SS demandaient au gouvernement allemand de faire porter l'étoile jaune aux juifs.

Cette année-là, le maréchal Pétain devenait ambassadeur de France dans une Espagne qui vivait déjà sous la dictature franquiste.

Cette année-là, Hitler et Mussolini transformaient le pacte Antikomintern en alliance militaire. En septembre 1939, la Pologne était envahie par l’Allemagne et la Russie. L’événement marque l’entrée en guerre du Royaume-Uni, de l'Australie, de la Nouvelle-Zélande et de la France. La “Drôle de guerre” débutait pour terminer comme chacun le sait.

Ces six années de conflit ont été lourdes en pertes humaines et ont laissé l’Europe exsangue. 45 millions de personnes, sur tous les continents, ont perdu la vie au cours de cette guerre.

Des femmes et des hommes ont enduré mille souffrances et privations durant ces terribles années. Des années sombre au cours desquelles la barbarie a régné.

N’oublions pas que l’Homme a montré sa part d’ombre. De cette part d’ombre est née une véritable industrie de la mort. Les messages de haine, de rejet de la différence ont conduit à l’élimination systématique de populations entières. Les camps de la mort ont été le sinistre théâtre du massacre des résistants, des juifs, des tziganes, des handicapés mentaux, des homosexuels ou des communistes.

Des femmes et des hommes, sous le régime de Vichy, n’ont pas hésité à dénoncer, déporter, torturer ou tuer leurs semblables.
Il faut se souvenir de ces événements qui portent le sceau du fascisme, de l’idéologie nazie et du totalitarisme.

Il est primordial de rester vigilant pour éviter à chacun de revivre les atrocités qu’ont vécues nos pères et les pères de nos pères. Année après année, nous devons continuer à transmettre ce message. Les générations futures se devront de le faire à leur tour.

Transmettre est notre devoir. Nous l’accomplissons avec les représentants des anciens Combattants que je salue ici aujourd’hui.

Bien sûr, en ces temps de crise économique, de période de doute et de chômage, le spectre du populisme et de l’extrémisme réapparaît. Il convient de se souvenir de la montée des nationalismes dans les années trente. Certains aiment à réécrire l’Histoire en qualifiant de « détail » ce qui reste pour nombre d’entre nous une blessure indélébile. Une marque qu’on ne peut effacer, à l’image d’un numéro de matricule tatoué sur le poignet.

Face à des propos aussi incongrus, c’est le message de paix qui s’impose.

Après guerre, les rancœurs ont dû être oubliées et les pays qui s’étaient battus hier sont devenus les artisans de la paix de demain. Il a fallu reconstruire non seulement des villages, des villes, des régions, détruits par ces six années de guerre mais aussi panser les blessures et relancer l’économie.

C’est ce qu’ont su faire la France, l’Allemagne et bien d’autres nations avec la naissance de la communauté européenne et le fameux traité de Rome douze ans après le conflit.

Quel chemin parcouru depuis l’après-guerre jusqu’à ce traité qui symbolise cette grande Europe démocratique qui s’est depuis ouverte à d’autres pays.

Aristide Briand écrivait : « Pour faire la paix, il faut être deux : soi-même et le voisin d'en face. » C’est ce que les artisans de l’Europe ont su faire de ce devoir de mémoire en perpétuant le souvenir et en préservant la paix entre les peuples.

Hier l’Europe s’est détruite par les armes.

Aujourd’hui, nous devons continuer sa construction par les urnes.

Je vous remercie


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