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Discours de François Deligné

Voeux de François Deligné 2014

Discours des Vœux de François Deligné,
Maire de Guyancourt, Conseiller Général des Yvelines,
Vice Président de la Communauté d'agglomération
de Saint-Quentin-en-Yvelines

Mardi 7 Janvier 2014

 

 

 

Monsieur le Ministre

Mesdames et Messieurs les élus,

Mesdames et Messieurs les représentants des forces armées, de la sécurité publique et civile,

Mesdames et Messieurs les représentants d’établissements scolaires, et d’associations,

Mesdames et Messieurs les dirigeants d’entreprises,

Mesdames, Messieurs, chers amis,

 

Je suis heureux de vous accueillir ce soir avec l'ensemble des élus, au Pavillon Waldeck-Rousseau.

Au nom de la municipalité, je vous adresse, à vous-mêmes et à vos proches, des vœux de bonheur et de santé, des vœux de réussite à l’aube de cette nouvelle année.

Nous sommes réunis ce soir pour un moment que nous souhaitons vivant et convivial.

C'est un temps d'échanges pour l'ensemble de ceux qui font la communauté guyancourtoise – habitants, bénévoles associatifs, chefs d'entreprises, commerçants et artisans, parents d'élèves ou encore enseignants.

Pour ce rendez-vous, nous avons choisi de faire appel à de jeunes guyancourtois ; ils ont animé notre début de soirée – ce sont les sportifs de l’ESG Gym – Nous pouvons les remercier chaleureusement.

Comme vous le savez, l’année 2014 sera celle d'échéances électorales importantes :

è les élections municipales dans deux mois et demi, les dimanches 23 et 30 mars ;

è et les élections européennes quelques semaines plus tard.

Dans cette période proche du rendez-vous démocratique municipal, la loi réglemente les prises de parole.

Il n'est pas possible, par exemple, de faire le bilan d'un mandat et encore moins d'annoncer une candidature ou de soumettre un projet.

Cette réglementation, nécessaire, n’interdit cependant pas tout : il est autorisé de dire ce qui fait l'actualité et la vie quotidienne de notre ville.

Je vais donc pouvoir m'exprimer quelques minutes, sans artifices, sans évoquer la pluie et le beau temps… non, ce soir, je vais parler du temps présent, du travail que nous accomplissons ensemble et des Guyancourtois.

Vous êtes le moteur de notre action et vous êtes ceux avec qui nous construisons la ville.

« Les villes sont la nature façonnée par l'Homme, à son image et à sa ressemblance. » suggère l'écrivain Jacques Godbout.

En effet, Guyancourt grandit et poursuit son chemin avec l'état d'esprit et l'identité qu'ont voulu lui donner ses habitants.

Cette identité guyancourtoise partagée, se retrouve dans chaque facette de la vie locale.

Elle se retrouve dans notre cadre de vie qui doit favoriser le bien vivre ensemble.

Elle se retrouve dans la volonté de construire avec vous une ville dynamique et solidaire.

Ou encore dans notre conviction que l'avenir de nos enfants est une priorité de chaque instant.

* * *

* *

Notre société néglige parfois trop la notion de « bien être », au bénéfice d'une promotion souvent effrénée du « tout avoir » à grand renfort de marketting et de publicité.

Le rôle d'une ville tient, au contraire, dans la nécessité de favoriser le bien vivre ensemble de ses habitants, de promouvoir des espaces et des temps où nous pouvons nous retrouver, grâce à la qualité de notre cadre de vie.

Notre ville respire grâce à ses nombreux espaces verts et bleus, ses bois, ses parcs et jardins ou encore ses nombreux étangs pour ne citer que ces quelques exemples.

Tous ces lieux sont l'illustration de ce que l'écrivain dit être « la nature façonnée par l'Homme ».

Notre environnement, nos espaces publics reçoivent ainsi toute l'attention nécessaire qu'ils méritent.

Et les efforts sont récompensés : Guyancourt, en effet, vient de recevoir le premier prix yvelinois de sa catégorie pour le fleurissement.

Je crois que nous pouvons dire un grand bravo aux jardiniers de la ville.

Mais une ville ne bénéficie pas d'un cadre de vie agréable du seul fait de son environnement.

C'est l'intervention des habitants eux-mêmes qui est nécessaire pour l'assurer. La formidable dynamique associative est ainsi essentielle à notre vivre ensemble.

Plus d'une centaine d'associations guyancourtoises vous retrouvent pour le rendez-vous d'« Associations en fêtes ».

Elles font également vibrer les fêtes de quartiers du mois de juin, mais c'est toute l'année qu'elles agissent avec vous, dans des domaines et pour des publics extrêmement variés :

è en direction des jeunes ou des anciens,

è au sein des comités d'animation des maisons de quartiers,

è pour le sport, la culture, l'insertion, ou la solidarité.

Elles sont le cœur battant de notre commune et méritent le soutien  et l'implication de chacun d'entre nous. C'est avec elles que se façonnent des émotions partagées.

Dans le domaine sportif, nous recherchons à favoriser autant la pratique loisirs que les compétitions. C'est le rôle qu'assument nos nombreux clubs au quotidien.

Guyancourt a par ailleurs une certaine expérience pour recevoir des manifestations sportives internationales, que ce soit l'Open de Golf, le Paris-Brest-Paris, ou encore le passage du centième tour de France pour son étape finale…

Aux côtés de la communauté d'agglomération et de la Fédération Française de Golf, notre territoire se prépare aussi à accueillir la Ryder Cup 2018 qui se déroulera au Golf national.

* * *

* *

L'identité de Guyancourt s'illustre également dans la volonté de construire une ville à la fois dynamique et solidaire.

Ces derniers mois, l'attractivité économique de Saint-Quentin-en-Yvelines et notamment de Guyancourt ne s'est pas démentie.

La pose de la première pierre de l'immeuble Berlioz en novembre dernier a confirmé l'implantation du siège de Baxter France, grande entreprise internationale spécialisée dans les technologies médicales.

Mais vous le savez, le dynamisme économique d'un territoire ne se mesure pas seulement à l'implantation d'entreprises nouvelles.

La vraie dynamique, c'est surtout lorsque des établissements déjà installés dans la Ville décident d'y rester et de s'y étendre quand vient pour eux le temps de se développer.

Je pense à l'arrivée d'un millier de nouveaux salariés au Technocentre Renault ou encore au Crédit Agricole qui a entamé la construction de son bâtiment « Alsace ».

D'autres entreprises font à Guyancourt un véritable parcours résidentiel. EGIS, par exemple, regroupera dans quelques semaines l'ensemble de ses collaborateurs avenue du Centre.

L'installation et le développement de ces locomotives économiques apportent à la commune des ressources financières essentielles et elles créent de l'emploi.

Elles offrent également un environnement favorable aux Petites et Moyennes entreprises de notre territoire.

Ce n'est pas un hasard si ces sociétés font le choix de Guyancourt. L'importance des services offerts à la population et notre environnement préservé encouragent les salariés à accepter l'installation de leur établissement dans notre commune.

La diversité et la qualité de l'habitat sont également des arguments forts qui facilitent cette dynamique.

Ainsi, la commune de Guyancourt propose des logements correspondant à toutes les situations sociales : locatif aidé, logement intermédiaire, accession sociale ou libre à la propriété.

Les 233 logements en cours de construction à Villaroy Sud – à proximité immédiate du Pavillon où nous sommes réunis ce soir –, ainsi que les 200 logements de Châteauneuf, ou encore les chantiers qui viennent de s'engager dans le centre ville et le quartier des Saules, viendront renforcer les atouts de notre commune.

Toutes les villes d'Île-de-France ne bénéficient pas d'une dynamique comparable.

C'est la raison pour laquelle le Fonds de Solidarité des communes – le FSRIF – a été créé il y a plus de 20 ans, afin que les villes les plus défavorisées de la région parisienne profitent de la solidarité financière des plus riches.

Je vous avais alerté, ici même l'an dernier, sur le fait que ce dispositif, légitime, avait été dévoyé en décembre 2011 sous l'ancien gouvernement :

En effet, seule la richesse économique du territoire était considérée, sans tenir compte de la situation sociale des habitants.

Guyancourt était donc pénalisée, sa participation atteignant 2 millions d'euros en 2013.

La Ville a donc travaillé avec d'autres communes subissant la même incohérence, pour que l'équité soit rétablie. Et les premiers résultats sont là.

Avec la loi de finances proposée par le gouvernement pour 2014, la Ville de Guyancourt doit voir sa contribution décroître de plusieurs centaines de milliers d'euros. Il sera enfin tenu compte du revenu moyen des habitants et donc de leur situation sociale réelle.

C'est là retrouver le sens de la justice que nous réclamions.

C'est une avancée réelle dont je me réjouis. Nous resterons attentifs pour que nos communes conservent les moyens de mettre en œuvre la première des solidarités : celle qui s'exerce auprès de nos habitants, je veux bien sûr parler de nos services publics locaux.

Les agents de notre collectivité assurent tout au long de l'année une action essentielle avec une grande diversité de métiers et de compétences :

Dans les écoles ou les crèches, pour faciliter les échanges inter-générationnels, ou encore pour l'entretien des voiries et des équipements publics que vous fréquentez…

Leurs missions s'effectuent avec un sens aigu de l'accueil, du respect des habitants et donc de l'intérêt général.

Avec vous, je voudrais saluer leur travail.

* * *

* *

Une autre ambition nous anime à Guyancourt : l'avenir de nos enfants doit être une priorité dans nos actions.

Notre attention porte notamment sur les différents temps de leur journée et de leur semaine – temps scolaire bien sûr, mais aussi hors de l'école.

C'est en prenant en compte cette réalité que se prépare dans notre commune le passage aux nouveaux rythmes scolaires.

Grâce à un dialogue constant, nous avons d'ores et déjà pu fixer le cadre horaire des 9 demi-journées d’enseignement... et la réflexion se poursuit pour la mise en place à la rentrée prochaine.

Si Guyancourt est la Ville de l'Enfance, c'est aussi parce que les différents partenaires qui agissent dans et aux côtés de l'école ont appris à échanger.

Ce partenariat vivant et continu enrichit la dynamique de la communauté éducative, avec un objectif permanent : le soutien à l'école publique.

Et c'est cette expérience guyancourtoise du dialogue qui nous a conduit à accueillir, récemment, le congrès national de l'Association des Directeurs de l'éducation des Villes, avec la participation de 127 collectivités, pour débattre de la refondation de l'école républicaine et des pédagogies innovantes.

Ces nécessaires réflexions ne nous font pas oublier l'attention que nous devons tous porter à la qualité des établissements scolaires de la commune.

Ainsi, vous le savez, un nouvel équipement est en cours de construction. Il accueillera les élèves des écoles Triolet et Lurçat pour la prochaine année scolaire.

C'est un chantier qui répond à de nombreux critères liés aux normes de Haute qualité environnementale.

Là aussi, les partenaires ont été associés à l'élaboration de ce projet.

* * *

* *

L'action d'une ville doit évidemment prendre en compte et accompagner la vie quotidienne des habitants ; mais elle doit aussi promouvoir une vision partagée du territoire.

Nous devons faire entendre notre voix dans les enjeux d'aménagement et de développement… pour défendre les grands équilibres patiemment bâtis…

Pour cela, nous prenons appui sur une vision cohérente d'une ville  "à taille humaine" qui trouve sa maturité autour de 30 000 habitants. Il ne sert à rien de vouloir grossir pour grossir et de provoquer de l'étalement urbain…

Les projets d'aménagement du territoire qui nous concernent doivent répondre à nos attentes.

C'est notamment le cas de l'Opération d'Intérêt National Paris-Saclay qui doit permettre de stimuler encore le développement économique et la recherche scientifique, tout en renforçant l'effort de nos voisins en faveur de l'habitat.

Cet enjeu ne saurait être réalisé au détriment de la qualité de notre environnement.

C'est pourquoi la « sanctuarisation » des terres agricoles à l'Est de la route départementale 91 était déterminante pour Guyancourt.

Le décret qui établit la Zone de Protection Naturelle du Plateau de Saclay vient tout juste d'être publié, voici 10 jours, le 27 décembre. Il reprend les exigences de la ville.

C'est l'aboutissement d'un long travail.

Ce résultat aurait été plus difficile à obtenir si nous, Guyancourtois, ne nous étions pas exprimés fortement lors de l'enquête publique.

Dans un autre domaine, il était important de dire ce qui est acceptable et ce qui ne l'est pas.

Comment certains avaient-il pu envisager de faire passer le futur métro du Grand Paris sur des pylônes de 12 mètres de haut au milieu des quartiers de Guyancourt ?

Heureusement,sur ce sujet également, nos arguments de bon sens ont prévalu.

Nous devons bien sûr rester vigilant pour que ce projet majeur avance vers sa réalisation et s’intègre de manière respectueuse dans notre ville.

C'est à l'échelle de l'agglomération de Saint-Quentin-en-Yvelines, dont le périmètre vient d'être confirmé, que nous pourrons avancer avec efficacité sur ces enjeux.

C'est en son sein que nous devrons réfléchir également aux ententes à construire avec les territoires voisins.

* * * * *

* * * *

Si nous mettons autant d'énergie à veiller aux grands équilibres de notre ville, c'est pour permettre à chaque habitant de trouver aussi son propre équilibre.

Une ville harmonieuse, c'est une ville qui offre à chacun la possibilité pour s'épanouir et renforcer le bien vivre ensemble.

C'est notre raison d'agir auprès de vous et pour vous au quotidien, pour les habitants.

è Pour ceux qui vivent à Guyancourt depuis plusieurs années et qui ont vu la ville évoluer ou ceux que nous accueillons aujourd'hui pour devenir nos nouveaux voisins ;

è Pour les parents qui veillent à l'épanouissement de leurs enfants ;

è Pour les jeunes, qui ont grandi ici et doivent pouvoir continuer à y vivre ;

è Pour les Anciens, enfin, qui au moment de prendre leur retraite ont décidé de rester à Guyancourt, ou ceux qui viennent y retrouver enfants et petits-enfants.

Tous ces Guyancourtois donnent de l'énergie à mon équipe et moi-même pour agir.

Cette énergie, c'est auprès de vous que nous la puisons, dans les échanges et les rencontres avec les habitants, dans ce sentiment fort qu'ici il n'y a pas de place pour l'indifférence.

En passant du village à la ville, nous avons connu de nombreuses évolutions. Mais nous n'avons pas perdu cette attitude si particulière qui consiste à porter attention à chacun.

Cela se ressent dans la vie de nos quartiers, dans les relations humaines et dans la richesse de la vie associative.

En début d'année, vous le savez, on se dit que c'est le temps des résolutions.

À sa manière, Martin-Luther King nous y invitait :

« Chaque homme doit décider s'il va marcher dans la lumière de l'altruisme créatif ou dans les ténèbres de l'égoïsme. »

Je souhaite à chacun d'entre vous de prendre de bonnes résolutions…

Très bonne année 2014 à toutes et à tous !

 

discours de F.Deligné à l'ouverture du congrès de l'ANDEV

Mesdames, Messieurs,

Permettez moi tout d'abord de vous souhaiter à toutes et à tous la bienvenue, et de vous dire la fierté pour la Ville de Guyancourt d'accueillir le congrès de l'ANDEV.

Nous sommes heureux de vous recevoir, vous les Directeurs de l'éducation des collectivités, après Lille l'année dernière et avant Bayonne, car l'éducation s'accorde particulièrement avec notre ville.

Depuis plus de 30 ans, notre commune a fait de l'éducation SA priorité.

Cette priorité est d’autant plus significative qu’elle s’est inscrite dans la période de construction de la « Ville Nouvelle » de Saint-Quentin-en-Yvelines. Une aventure urbaine et humaine qui nous fit passer du village des années 1970 à la ville de 29 000 habitants d’aujourd’hui.

Dès le départ, les équipes municipales ont choisi de construire et d'imprimer une identité à la ville autour de l'enfance et de l'éducation, et celle-ci rassemble aujourd'hui les Guyancourtois.

Ainsi la priorité à l'éducation s'inscrit naturellement dans l'histoire de Guyancourt, et je pourrais rappeler les naissances successives des 26 écoles intégrant 11 centre de loisirs, des 3 collèges, des lycées d’enseignement général et d’hôtellerie, et de l’université avec ses 16 000 étudiants.

Notre ambition éducative s'incarne aussi, aujourd'hui comme hier, dans notre volonté de rendre concrets les grands principes de l'école républicaine :

ñ   Un lieu qui rassemble, intègre et qui promeut l’égalité avec un effort constant pour que la mixité sociale soit une réalité ;

ñ   Un lieu pour tous les enfants quelles que soient leurs origines, leur milieu social, leur différences.

La priorité à l'éducation, c’est aussi reconnaitre l’importance de l’école maternelle et accueillir 50 % de la classe d’âge des 2-3 ans, quand au niveau national, cet accueil est passé, en 10 ans, de 33 % à moins de 11 %.

C'est également porter attention à l'accompagnement de la parentalité, comme nous le faisons ici avec l'école des parents et sa « boutique » ouverte aux familles.

C'est enfin la volonté de faire vivre le dialogue entre les différents partenaires qui agissent dans et aux côtés de l'école.

Votre congrès a choisi de débattre autour du thème « éduquer et refonder ensemble ». L'une des questions qui vous est posée est de savoir si « l’avenir de l’école, mais aussi des politiques éducatives locales, peut […] se dispenser d’un travailler ensemble. »

Ici, nous sommes depuis très longtemps profondément convaincus que l'enfant n'est pas une marchandise qu'on saucissonne selon les horaires et les adultes référents qu'il a en face de lui. C'est le même enfant qui arrive à l’accueil du matin, entre ensuite en classe, puis profite de la pause méridienne, ou va à l’étude. Il retrouve au cours de chacun de ces temps : enseignants, ATSEM, personnels de service, animateurs. Cet enfant fréquente aussi les centres de loisirs, les équipements culturels ou sportifs, les associations, il se déplace dans l’espace public et évidemment vit au quotidien dans sa famille.

Cette réalité, je la perçois avec acuité en tant que Maire de ma commune ; mais aussi parce que j'ai été parent d'élèves et enseignant.

Dans ces différents temps éducatifs, on voit combien – tout en respectant le cadre de l'Éducation Nationale – nous avons besoin d’échanges entre ces différents acteurs, pour qu'ils deviennent des partenaires et qu'ils construisent ensemble un projet éducatif global et cohérent.

Et cela doit se faire dans le respect, dans la connaissance et l’exigence du rôle de chacun…

À ce titre, la refondation de l'école et la loi d'orientation et de programmation sont, comme l'évoquait Claude Lelièvre en tant qu'histoirien de l'éducation, une opportunité qui ne se représentera pas avant longtemps et devrait pouvoir nous donner les moyens de répondre aux défis qui nous préoccupent… si nous la saisissons…

Cette refondation a commencé par la nécessaire réforme des rythmes scolaires. Une réforme – rappelons-le – qui était réclamée par les syndicats d'enseignants et les fédérations de parents d'élèves.

Je comprends que les conséquences de ce changement puissent aujourd'hui faire débat, voire inquiéter. Mais, dans de nombreuses villes, comme à Guyancourt, nous avons écouté, échangé et partagé. Par le dialogue, nous prenons le temps ensemble de trouver les solutions.

Je dois vous avouer que j'éprouve un malaise quand je vois certains battre le pavé contre la réforme – parfois sans réelle préoccupation pour les rythmes de l'enfant – alors qu'il fallait dans les 10 années précédentes être mobilisés contre des menaces réelles sur la structure même de l’Éducation Nationale, quand 80 000 postes avaient été supprimés, quand les RASED étaient voués à disparaître ou quand la formation des nouveaux enseignants disparaissait.

Au-delà d’un simple retour à 4,5 jours d’école, l’enjeu est de construire sur nos territoires un changement profond qui mette en lien, plus encore, tous les acteurs de l’éducation.

En effet, la refondation de l'école ne se limite pas à la réforme des rythmes scolaires.

La refondation de l'école, c'est d'abord remettre en marche une institution par le recrutement de 60 000 nouveaux postes. C'est recréer la formation des enseignants – et j’en profite pour évoquer l’impérative nécessité d’ouvrir le chantier de la formation de TOUS les autres métiers de l’éducation – ou encore reconstruire et penser l'éducation spécialisée en direction des enfants en difficultés.

La refondation, c'est aussi la redéfinition des missions de l’école maternelle, les moyens renforcés pour permettre la scolarisation des moins de 3 ans, les projets innovants comme le dispositif "plus de maîtres que de classes" dans les secteurs les plus difficiles ou encore le renforcement des liens avec le collège.

La refondation doit être également l'occasion d'enrichir les pratiques pédagogiques en s'appuyant sur l'expérience à la fois des mouvements d'éducation populaire et aussi des mouvements pédagogiques, en les associant d'ailleurs plus fortement – y compris institutionnellement – à notre système éducatif.

Il peut être utile de retravailler sur un modèle éducatif forgé par des représentations majoritaires, et qui n'est plus réinterrogé.

Je l'ai appris en tant que Maître E au sein d’un RASED, ou comme instituteur de maternelle – notamment auprès des enfants du Voyage : il faut savoir questionner notre système éducatif quand les populations ou les élèves vivent des situations différentes – parfois très différentes – de celle de la majorité de nos concitoyens. Sans capacité à s'adapter, notre école républicaine perdrait son objectif essentiel : s'adresser à tous pour permettre l'intégration de tous dans une société commune, dans la communauté nationale et républicaine.

N'oublions jamais que notre rôle d'éducateurs, chacun à notre place, est de préparer les enfants dont nous avons la responsabilité à devenir des citoyens autonomes et solidaires, capables de construire leur avenir, leur vie.

Tout le monde connaît l'éternel débat posé par Montaigne sur « la tête bien faite » ou « la tête bien pleine », sur la nécessaire complémentarité des registres « éducation » et « instruction ». Aussi, je voudrais, pour terminer, emprunter quelques mots à un grand nom de la culture pop', qui collera bien avec le thème seventies de la soirée de demain, mais surtout dont les propos peuvent résonner dans nos échanges et dans cette école de musique.

Il commence ainsi :

« Quand j’étais petit, ma mère m’a dit que le bonheur était la clé de la vie. À l’école, quand on m’a demandé d’écrire ce que je voulais être plus tard, j’ai répondu « heureux ». Ils m’ont dit que je n’avais pas compris la question, je leur ai répondu qu’ils n’avaient pas compris la vie. »

Je vous laisse deviner qui était cette personnalité.

Je vous remercie ; bon congrès à toutes et à tous.

Discours de François Deligné lors de la cérémonie du 11 novembre

Mesdames et Messieurs les Élu(e)s,

Messieurs les Présidents d’Associations d’Anciens Combattants,

Mesdames et Messieurs, Chers Amis,

 

Il y a 95 ans, le fracas des armes laissait place aux clameurs de la victoire, avant de le céder au silence du deuil.

Après quatre années de fureur, dans la boue des tranchées, sous les obus et les gaz, la signature de l’armistice rendait, les soldats, les poilus, à leurs familles, à leur métier, à leurs études. Trois millions d’entre eux portaient dans leur chair, leurs visages anéantis et leur corps meurtris, les stigmates du conflit le plus meurtrier que le monde ai jamais connu.

Près d’un million et demi manquaient à l’appel.

Je pense à cet instant à Henri Barbusse dans son récit « Le Feu », qui décrit avec forces, les horreurs vécues dans les tranchées, lui-même en deuxième ligne et donc témoin de cette hécatombe.

Notre dignité nous impose de leur offrir cette victoire qu’ils n’ont pas eue.

L’Histoire ne retient que quelques noms de ces héros de l’ombre mais leur souvenir relève d’un devoir impérieux. « C’est la mémoire qui fait toute la profondeur de l’Homme » disait Charles Péguy.

La cérémonie solennelle qui nous réunit ce jour célèbre la victoire des alliés et de la France, elle nous permet de rendre hommage à tous ces combattants qui se sont sacrifiés pour notre communauté. Il reste important de pouvoir nous souvenir.

Nous souvenir, malgré le fait qu’il ne reste plus de survivants du front en devient un devoir.

Nous souvenir que tous ceux qui vécurent cette période et qui revinrent des combats étaient à jamais changés, à jamais marqués, à jamais brisés.

Nous souvenir de leurs témoignages.

La préparation du 100ème anniversaire du déclenchement de la Première Guerre Mondiale l’an prochain nous permet de rendre possible ce dessein. A Guyancourt, nous préparons une grande exposition pour l’automne 2014.

Elle sera l’occasion pour nous de découvrir les témoignages des guyancourtois ayant connu ce conflit, ceux dont nous venons de rappeler les noms et qui y sont restés mais aussi ceux qui en sont revenus.  Nous aurons à notre disposition  les éléments nous autorisant à les dire et donc à les transmettre.

La mémoire nous rend responsable de l’avenir. Elle nous rend responsable de nos aînés désormais absents, elle nous rend responsable de l’avenir afin de conduire nos générations et celles qui nous suivent à construire une société plus juste.

Le 23 octobre dernier, les élus du Conseil municipal des Enfants guyancourtois accompagné de leurs parents, des présidents des anciens combattants et des élus de la ville ont eu l’honneur de participer à la cérémonie du ravivage de la flamme sur la tombe du soldat inconnu à Paris – Ils ont ainsi pu mesurer la dimension humaine que revêt le souvenir de ceux qui se sont sacrifiés afin qu’ils puissent grandir et vivre dans un pays en paix.

Bien que victorieuse, la France est sortie meurtrie et ruinée de ce conflit. L’Histoire retiendra le nom sans équivoque car sinistrement tragique de « gueules cassées ».

Non, ils ne voulaient pas de cette guerre nos poilus, ils aspiraient à vivre un nouveau siècle qui débutait avec de nouvelles avancées technologiques dont ils voulaient profiter. Ils voulaient une famille et souhaitaient profiter d’un monde qui avançait vers plus d’égalité… Oui, ils avaient entendu Jean Jaurès, leur parlant de l’émancipation des peuples, de la liberté de penser, d’agir en citoyen éclairé, de la paix possible si les peuples le décidaient.

Ce sont les espoirs d’un peuple entier qui se sont éteints un 31 juillet 1914, lorsque Jaurès fut assassiné à Paris, précipitant ainsi l'affrontement inéluctable avec l'Empire allemand. Un affrontement qui allait s’enliser dans l’horreur.

La guerre n’est rien d'autre que le rejet de son voisin, que la haine d’un peuple face à un autre. Alors que nous traversons des périodes où nous pouvons regretter qu’individualisme et incivisme trouvent parfois des expressions violentes, rappelons cela et faisons en sorte que les consciences humaines ne puissent jamais oublier.

Permettez-moi d'emprunter le propos du Maréchal Foch :

« Parce qu’un homme sans mémoire est un homme sans vie, un peuple sans mémoire est un peuple sans avenir »

Nous accompagnons l’espoir que le sursaut démocratique ne se perde jamais et

-       Que la République permette le recul du racisme et du nationalisme,

-       Que la République brise les mécanismes insidieux d’exclusion et de discrimination.

-       Que la République renouvelle avec bonheur ses valeurs de liberté, d’égalité et de fraternité.

Je vous remercie

Discours de François Deligné à l'occasion de la cérémonie du 8 mai 2013

Mesdames et Messieurs les élus,

Monsieur le Bürgermeister de Pegnitz,

Mesdames et Messieurs les représentants de la sécurité publique

et de la sécurité civile,

Mesdames et Messieurs les représentants d’établissements scolaires,

et d’associations,

Mesdames et Messieurs les Anciens combattants,

Mesdames, Messieurs, Chers Amis,

Nous commémorons à nouveau, ensemble, la capitulation sans condition du Troisième Reich, qui a mis fin le 8 mai 1945 à l’une des plus effroyables périodes de notre Histoire.

Six longues années qui, de 1939 à 1945, meurtrirent profondément tant de peuples et tant de familles, en France, en Europe et dans le monde.

Lire la suite : Discours de François Deligné à l'occasion de la cérémonie du 8 mai 2013