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Déclarations en conseil municipal

Débat public sur le réseau de transports du Grand Paris - 14 décembre 2010

Déclaration du Groupe « Guyancourt pour Tous » - Conseil municipal du 14 décembre 2010

Depuis le 30 septembre 2010, a été ouvert le Débat Public sur le Réseau de transport du Grand Paris. Il s'agit pour l'Etat de faire valider sa décision de construire une métro automatique souterrain en petite et moyenne couronne parisienne sur 150 km, projet selon lui nécessaire au développement futur de la métropole parisienne.

Nous considérons que pour aborder correctement le débat, il faut poser un certain nombre de préalables.

1er préalable : Quel est le projet de territoire qui sous-tend le Grand Paris ?

Une ligne de transport est tracée : annoncer de nouvelles gares suffirait donc à générer du développement dans 20 à 30 ans, alors qu'un réseau de transports doit servir à innerver un projet de développement du territoire existant.

Le projet existait c'était le SDRIF. Dans le projet de Grand huit le projet de développement est absent : tous les tracés oubliaient jusqu'à début novembre le bassin de vie et de développement de Saint-Quentin-en-Yvelines, deuxième pôle de l'ouest francilien – Comment avoir pu imaginer cela ? La loi du Grand Paris c'est aussi la création de l'Établissement Public Paris-Saclay (EPPS), mais là encore personne ne connaît le projet de territoire.

2ème préalable : Le débat public se tient dans des circonstances problématiques d'insécurité juridique et de gouvernance démocratique.

Le 2 novembre, au principal prétexte que la loi du Grand Paris avait été votée en mai 2010, le SDRIF adopté 2 ans plus tôt par la Région a été retoqué par le Conseil d'État.

Le principal document de référence en urbanisme, pour le développement du territoire et le développement économique vient de prendre un coup et plonge acteurs locaux et collectivités dans l'incertitude.

Nous sommes renvoyés à 1994 : un SDRIF d'État totalement inadapté aux enjeux d'aujourd'hui, si tant est qu'il le fut à ceux d'hier.

Pour Guyancourt, cela rétablit théoriquement le tracé de l'A126 qui traverse toute la Commune depuis La Minière jusqu'aux Sangliers, alors que ce projet est dénoncé par tous, élus et habitants, et que le Préfet de Région avait confirmé dans une lettre que le projet était abandonné.

À cela s'ajoute un problème de gouvernance démocratique : comment oser confronter un SDRIF négocié avec tous (État, usagers, collectivités) pendant 4 ans et un texte de loi non concerté et imposé par l'exécutif en quelques mois, une société du Grand Paris (SGP) relais de l'État, un EPPS où les collectivités ont si peu leur place…?

3ème préalable : Il y a un problème de financement avec le Grand Paris : sur 20 à 26 milliards d'euros, seuls 4 milliards seraient aujourd’hui garantis.

Personne ne sait aujourd’hui comment sera financé le reste du projet. Qui paiera le Grand Paris ? Quelle participation sera exigée des collectivités ?

Devrons-nous passer par des logiques de spéculation foncière qui auront des conséquences négatives sur les habitants ? Le projet est à échéance de 2030 : les coûts vont exploser d'ici là. En a-t-il été tenu compte ? Le rapport du député Gilles Carrez, seul rapport sur la question, semble indiquer que le projet n'est pas financé.

Si jamais, le Grand Huit devait voir le jour, il ne pourrait évidemment pas éviter Saint-Quentin-en-Yvelines, ses habitants, ses entreprises, dans une logique d'interconnexion avec la Gare de Montigny et le TCSP existant, mais sérieusement, ne devrait-on pas répondre à ces quelques questions préalables ?

Nous avons été présents au débat à Versailles, à Saint-Quentin puis à Jouy-en-Josas. Cependant nous avons la désagréable impression que ce débat public ne s'organise pas de manière totalement transparente et que la tentation existe fortement que les décisions se fabriquent ailleurs loin du débat public, des habitants et des élus locaux. Nous sentons bien que l'État, la SGP et une partie des élus UMP de ce département s'étaient d'ores-et-déjà accordés sur une gare à Versailles-Matelot et l'obole d'une éventuelle seconde gare yvelinoise sur l'extrême est de La Minière. Aucune réflexion sérieuse n'est à l'appui : la réalité humaine et économique de notre territoire est ignorée, les conséquences environnementales et urbaines d'un tel choix semblent balayées.

Nous soutiendrons des projets utiles et réfléchis, nous combattrons toutes propositions qui ira à l'encontre de ces intérêts.

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